Huanchacu, dernière étape d’Amérique du Sud, le 24 mars 2004.

A quelques kilomètres de Trujillo, j’ai trouvé le calme dans un petit village du nom de Huanchacu. On y trouve également des amis, la possibilité de surfer, du soleil et des canoës en jonc.
C’est la dernière étape avant de quitter mon petit continent sud américain, que j’ai vraiment apprécié, et que je compte revoir bientôt...

Me voilà à Huanchacu. A vrai dire, je ne savais pas à quoi m’attendre. J’avais juste entendu parler de ces traditionnels canoës en totora sur lesquels les habitants vont poser leurs filets et reviennent, surfant sur les vagues.
Et en effet, les voilà ces pêcheurs : au milieu du coucher de soleil, ils reviennent vers le rivage, habilement portés par les vagues.
Ici, c’est la belle vie, je suis sur un hamac, je ne bouge pas de cet endroit merveilleux trouvé par le plus grand des hasards. C’est une habitation avec une terrasse, un vrai paradis perdu, avec une « Eve » qui se nomme Camillia, un « Adam » qui se nomme Thomas, et Michel, un francophone (vive le Québec libre!). Comme moi, ils voyagent, mais eux sont comme hypnotisés par l’endroit. Et c’est vrai que s’il n’y avait pas le mariage, je me serais bien laisser tenter par cet endroit plus longtemps (pour ceux qui ne suivent pas, c’est le mariage de mon frère, à Cancun, dans quelques jours..). Ici, l’ambiance est au surf, et l’on se fait des amis en claquant des doigts. Tout le monde est cooooooool, personne ne se prend la tête. (Ca sent le « fonzie » à fond, éhé). Bon, je vous passe les détails du coucher de soleil vu de la terrasse, du hamac qui me berce, accompagné du rythme des vagues...
Je n’aurais pas pu trouver mieux pour conclure ce petit tour d’Amérique latine. Et en plus, les chambres sont super propres et il y a même de l’eau chaude. Quand je vous dis que c’est le paradis...

Voilà mes nouveaux amis qui arrivent, on discute et on part manger pour un euro un repas qui cale, et oui, un seul euro. Non, je ne rêve pas. Bien sûr, Camillia est super cool, son mec, Thomas, est son alter ego au masculin et Michel, lui, me fait bien marrer avec ses histoires. Un sacré bonhomme que j’aurais bien voulu mieux connaitre. Ce Canadien passe ses hivers à voyager avec un minimum d’effets, accompagné de sa chaise très spéciale et de son hamac. Il me fait rire avec ses histoires de femmes, de voyages. Son accent québécois ne fait qu’amplifier le comique du personnage. Michel, c’est l’homme qui travaille pour voyager. Mais même chez lui, au Québec, il profite de la vie à fond. Un sacré gars, donc.
Après manger, on revient au "Mama Mia" (notre hôtel). On s’installe sous les étoiles et la lune forme un croissant tout fin, qui semble naviguer sur l’horizon. Ca me fait toujours halluciner de la voir comme cela, posée sur l’horizon, car en France, elle est toujours perpendiculaire à ce dernier.
Une sonnette retentit, et deux profs de surf (d’une vingtaine d’années à peine) arrivent, et on les suis vers le bar avec le point d’interrogation. Oui, c’est leur signe. Là-bas, on rencontre des touristes et quelques péruviens/nes. Très vite, les gens parlent les uns avec les autres, et je m’aperçois que l’on est en fait que trois touristes. Certains font du bénévolat, d’autres étudient l’espagnol, d’autres encore se sont trouvé un surfeur et profitent.... Éhé. C’est fun. Il y a parfois un péruvien qui a trop bu et trop sniffé, (et oui, c’est normal, ici) et le résultat fait pitié à voir. On me demande d’où je viens, si je parle anglais. Non, non, je ne comprends pas l’anglais. Et c’est cool, je peux ainsi pratiquer mon lusitano-espagnol jusqu’à quatre heures du matin...
Le lendemain, c’est mon dernier jour, au programme petit dej’ avec les surfeurs, puis rien, puis déjeuner, puis discussion avec Michel. Je fais ensuite mon sac et je vais à l’aéroport. Ciao le Pérou, ciao l’Amérique du sud....Mais en fait, ça n’ira pas aussi vite que prévu. Tout d’abord, arrivé à Lima, je dois embarquer avec American Airlines. Je me mets dans une première file d’attente, et je patiente vingt minutes. Arrivé au bout, je donne mon sac à dos au contrôle. On me questionne (les mêmes questions bêtes que d’habitude), puis j’entame une deuxième file d’attente. Et là, j’ai droit à un bonus : je dois sortir de la file et défaire mon sac à dos. Et c’est TOUT le sac à dos qui y passe. Chaque poche, même le tube de dentifrice est vérifié par ce jeune contrôleur, qui me saoule avec son pseudo français. Bon, c’est son job de tout fouiller, mais mon sac à dos n’est pas le bagage le plus simple à vérifier.... Je pense à ce moment-là que j’ai bien fait de me débarrasser des feuilles de coca que j’avais ramenées de Bolivie. J’imagine s’il était tombé sur ce sac aussi grand qu’un cheeseburger royal, avec de la coca dedans, que je voulais garder contre la fatigue et le mal de tête.
Donc, je passe finalement un bon quart d’heure à vider mon sac et à le refaire. Après, je retourne dans la file d’attente. J’arrive au guichet de « check-in ». Il faut retrouver mon sac et le « CHECKINER ». Ca me rappelle étrangement le système qu’on avait chez Duran pour travailler. Filebox check in, Filebox check out.... Là, c’est la même chose. Sauf qu’à Duran, c’était plus rapide, on pouvait faire 10 check-in en même temps. Finalement, j’apprends au guichet que mon vol est retardé de deux heures, ce qui signifie que je partirais à deux heures du matin de Lima pour aller à Miami, et bien sûr que je raterais mon vol pour Cancun. Il ne me reste plus qu’à tuer le temps en écrivant ces quelques lignes...

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