Me voilà à Huanchacu. A vrai dire,
je ne savais pas à quoi m’attendre. J’avais
juste entendu parler de ces traditionnels canoës
en totora sur lesquels les habitants vont poser leurs
filets et reviennent, surfant sur les vagues.
Et en effet, les voilà ces pêcheurs :
au milieu du coucher de soleil, ils reviennent vers
le rivage, habilement portés par les vagues.
Ici, c’est la belle vie, je suis sur un hamac,
je ne bouge pas de cet endroit merveilleux trouvé
par le plus grand des hasards. C’est une habitation
avec une terrasse, un vrai paradis perdu, avec une « Eve »
qui se nomme Camillia, un « Adam »
qui se nomme Thomas, et Michel, un francophone (vive
le Québec libre!). Comme moi, ils voyagent, mais
eux sont comme hypnotisés par l’endroit.
Et c’est vrai que s’il n’y avait pas
le mariage, je me serais bien laisser tenter par cet
endroit plus longtemps (pour ceux qui ne suivent pas,
c’est le mariage de mon frère, à
Cancun, dans quelques jours..). Ici, l’ambiance
est au surf, et l’on se fait des amis en claquant
des doigts. Tout le monde est cooooooool, personne ne
se prend la tête. (Ca sent le « fonzie »
à fond, éhé). Bon, je vous passe
les détails du coucher de soleil vu de la terrasse,
du hamac qui me berce, accompagné du rythme des
vagues...
Je n’aurais pas pu trouver mieux pour conclure
ce petit tour d’Amérique latine. Et en
plus, les chambres sont super propres et il y a même
de l’eau chaude. Quand je vous dis que c’est
le paradis...
Voilà
mes nouveaux amis qui arrivent, on discute et on part
manger pour un euro un repas qui cale, et oui, un seul
euro. Non, je ne rêve pas. Bien sûr, Camillia
est super cool, son mec, Thomas, est son alter ego au
masculin et Michel, lui, me fait bien marrer avec ses
histoires. Un sacré bonhomme que j’aurais
bien voulu mieux connaitre. Ce Canadien passe ses hivers
à voyager avec un minimum d’effets, accompagné
de sa chaise très spéciale et de son hamac.
Il me fait rire avec ses histoires de femmes, de voyages.
Son accent québécois ne fait qu’amplifier
le comique du personnage. Michel, c’est l’homme
qui travaille pour voyager. Mais même chez lui,
au Québec, il profite de la vie à fond.
Un sacré gars, donc.
Après manger, on revient au "Mama Mia"
(notre hôtel). On s’installe sous les étoiles
et la lune forme un croissant tout fin, qui semble naviguer
sur l’horizon. Ca me fait toujours halluciner
de la voir comme cela, posée sur l’horizon,
car en France, elle est toujours perpendiculaire à
ce dernier.
Une
sonnette retentit, et deux profs de surf (d’une
vingtaine d’années à peine) arrivent,
et on les suis vers le bar avec le point d’interrogation.
Oui, c’est leur signe. Là-bas, on rencontre
des touristes et quelques péruviens/nes. Très
vite, les gens parlent les uns avec les autres, et je
m’aperçois que l’on est en fait que
trois touristes. Certains font du bénévolat,
d’autres étudient l’espagnol, d’autres
encore se sont trouvé un surfeur et profitent....
Éhé. C’est fun. Il y a parfois un
péruvien qui a trop bu et trop sniffé,
(et oui, c’est normal, ici) et le résultat
fait pitié à voir. On me demande d’où
je viens, si je parle anglais. Non, non, je ne comprends
pas l’anglais. Et c’est cool, je peux ainsi
pratiquer mon lusitano-espagnol jusqu’à
quatre heures du matin...
Le lendemain, c’est mon dernier jour, au programme
petit dej’ avec les surfeurs, puis rien, puis
déjeuner, puis discussion avec Michel. Je fais
ensuite mon sac et je vais à l’aéroport.
Ciao le Pérou, ciao l’Amérique du
sud....Mais en fait, ça n’ira pas aussi
vite que prévu. Tout d’abord, arrivé
à Lima, je dois embarquer avec American Airlines.
Je me mets dans une première file d’attente,
et je patiente vingt minutes. Arrivé au bout,
je donne mon sac à dos au contrôle. On
me questionne (les mêmes questions bêtes
que d’habitude), puis j’entame une deuxième
file d’attente. Et là, j’ai droit
à un bonus : je dois sortir de la file et
défaire mon sac à dos. Et c’est
TOUT le sac à dos qui y passe. Chaque poche,
même le tube de dentifrice est vérifié
par ce jeune contrôleur, qui me saoule avec son
pseudo français. Bon, c’est son job de
tout fouiller, mais mon sac à dos n’est
pas le bagage le plus simple à vérifier....
Je pense à ce moment-là que j’ai
bien fait de me débarrasser des feuilles de coca
que j’avais ramenées de Bolivie. J’imagine
s’il était tombé sur ce sac aussi
grand qu’un cheeseburger royal, avec de la coca
dedans, que je voulais garder contre la fatigue et le
mal de tête.
Donc, je passe finalement un bon quart d’heure
à vider mon sac et à le refaire. Après,
je retourne dans la file d’attente. J’arrive
au guichet de « check-in ». Il
faut retrouver mon sac et le « CHECKINER ».
Ca me rappelle étrangement le système
qu’on avait chez Duran pour travailler. Filebox
check in, Filebox check out.... Là, c’est
la même chose. Sauf qu’à Duran, c’était
plus rapide, on pouvait faire 10 check-in en même
temps. Finalement, j’apprends au guichet que mon
vol est retardé de deux heures, ce qui signifie
que je partirais à deux heures du matin de Lima
pour aller à Miami, et bien sûr que je
raterais mon vol pour Cancun. Il ne me reste plus qu’à
tuer le temps en écrivant ces quelques lignes... |