Cela fait donc des jours que je n arrete pas d enchainer
les sorties, je vis au rythme de la musique electronique..
Nous plongeons dans la Drum and Bass, la House, l'electro
experimental...Un univers musical qui cache des centaines
d autres jardins aux sons et rythmes bien differents,
à condition bien sur qu'on s y laisse prendre.
Moi, je me souviens des debuts. (Attention, Debut
du Flashback ) 1992. J'aterrissais en Allemagne. Mon
frangin m' emmenait dans un Club et me mettait face
au mur. Le mur du son, mais plus un mur qu'un son.
A ce moment, je ne comprenais pas ce qu' etait cette
Techno. Mais oui, qu'est ce que c'etait ? C'etait
pas de la musique. Ca ressemblait plus au bruit amplifié
du voisin fou qui tape brutalement sur les murs pour
qu'on se taise. Mais il n'arrete pas de taper ce voisin...et
si l'on melange a cela quelques autres bruits, et
j'insiste sur le mot "bruit", alors on a
ce truc.
Non, la premiere fois j'ai trouvé ça
vraiment debile. Et il a fallu que mon frangin m'y
amene une deuxieme fois pour que je ressente qqchose
de profond, tribal même, et paf, cette chose
est devenue alors musique et m'a transporté
dans un univers de Trance, de dance et de plaisirs.
Stimulant et hypnotisant, son et lumiere alors se
sont melangés et j'ai penetré dans un
nouveau monde, un monde artificiel nous rappellant
pourtant a la source. Ca, c'etait il y a 12 ans. Ma
grand-mere ensuite nous voyant sortir assez souvent
nous disait, "ça vas vous passer de sortir
en boite, de danser"...et elle se mettait là,
devant nous, à se tremousser et s'amuser de
nous et d elle-même. On se marrait mon frere,
moi et ma grand-mere. Et là donc, 12 ans plus
tard, ça ne me rajeunit guere, me voilà
toujours pres à bondir sur le prochain bon
plan "techno". Et Tokyo, c'est le paradis
des plans. Y a toujours une soiree, à tel point
que dormir devient presque impossible !
Ce soir, on fête le depart de Julien (oui Mr.
ShortHead, notre mannequin prefere). Dans quelques
jours, il quitte Tokyo, et on apprendra bien sur par
la suite que c' est pas vraiment cool de rentrer en
Europe...C'est sur qu'au Japon, on a les politesses,
la securite, le respect, la proprete, la folie...et
pleins d'autres choses que j'aimerais vous faire partager
dans d'autres articles.(à condition que mon
ordi re-fonctionne).
Donc, oui, nous on a LE plan pour ce soir. On se rejoint
au UNIT , le nom me convient parfaitement. UNIT, c'est
un peu un resume de notre aventure, l'aventure de
3 potes. Portés par une bonne vibe: harmonie
et fun sans concession. Cette nouvelle boite donc,
nous propose ce soir un concert electro-experimental
(en resume l' electro experimental c'est trouver un
objet et gerer le bruit de cet objet pour en degager
une musique. Exemple: Prenez un coton tige, frottez
le contre votre oreille et mettez un micro pour partager
le tout avec 150 peoples. Grincement-bruit assourdissant-rythme
etc...deviennent musique).
Apres avoir fait un petit detour à Shibuya
pour acheter un ptit cadeau de depart a notre Jule,
ben on s'est donc retrouvés au UNIT, endroit
caché au sous-sol d'un quartier aux immeubles
minces mais hauts comme il y en a tant à TOKYO.
Dereck (pour ceux qui n'auraient pas suivi, c'est
donc le Mr. Cool) et moi entrons. Wada, un pote universitaire
de l' ICU nous rejoint puis arrive enfin Julien. Comme
il se doit nous lui remettons son cadeau, Julien l'ouvre
et l'apprecie pour notre plus grande joie. Nous partageons
ce moment avec plaisir. Ensemble. Il y a à
peine 1 mois qu'on se connait mais on est des vrais
potes parce que les evenements nous ont menés
dans une même galere, la galere vers les lumieres
de la mode (je l'avoue c plutot une bonne galere).
Un univers où on se prend au serieux "normalement",
là, je pense aux bresiliens/argentins, trois
beaux gosses, sûrs d'eux, mais steriles comme
des balais qu'on ne voudrait pas salir, ne perdant
jamais cette même expression figée sur
leur visage . Bref, nous, c' etait plus la teuf...l'
univers nous faisait rigoler, alors on rigolait...
Et maintenant, on est ensemble en train de trinquer,
criant notre"KANPAI" (Sante ou Tchin Tchin,
mais ici on evite, car ça refere au genital
masculin). Le son bizarre dans la piece est celui
de cette musique electro experimentale. Le melange
de bruit plutot minimaliste, hypnotise les spectateurs,
inertes, comme s'ils attendaient un evenement important.
Nous
descendons les escaliers vers un niveau plus bas.Un
etrange personnage poilu nous apparait, un renne,
qui ne cesse de nous regarder avec ses gros yeux noirs
et profonds. Nous trinquons ensemble et enchainons
les photos stupides mais incontournables. Oui, ce
genre de photos, où une personne pose avec
un sourire et qui evoque pour le protagoniste un moment
special et malheureusement pour les autres, lecteurs,
une simple photo sans interet particulier. J'aurais
aimé avoir une Camera-video pour retransmettre
l'atmosphere qui regnait alors....
J' entre dans une discussion profonde avec le barman,
sur l'art et Picasso. Pendant ce temps, mes deux comparses
partagent le sofa avec de la compagnie feminine. La
chose qui me parait etrange c'est que je capte alors
tout mon environnement. J'ai beau discuter avec le
barman, je perçois dans mon dos mes deux amis,
et le japonais solitaire à ma droite en train
de lezarder face aux rayons solaires de son verre
d' alcool. Je me tourne et rejoins mes francophones.
Bien sur, je les rejoins au moment où ils parlaient
de moi. Julien n'en revient pas. Comment ai-je su
? Là, c'est le debut de ce que je vais appeler
le "FILM". Le "Film", c'est tout
simplement une suite etrange de faits, que l'on prevoit
et qui se produisent. La realite devient la realisation
du storyboard envisage par notre conscience. Un fait
se produit. Il avait ete envisage. L'evidence d'un
fait futur devient certaine. Sans autre surprise,
que la surprise meme que ce que l'on a vu se produise,
le fait devient banal. La magie est celle de notre
conscience du futur à devenir present. Je pense
"un verre va se briser dans 3 minutes",
je dessine un verre qui se brise pendant que je discute
avec le barman, et puis soudain, un choc, un eclatement....un
verre se brise. Le barman regarde mon dessin plus
intensement qu'auparavant. Les verres ne se brisent
pourtant pas souvent ici. Le barman s'interroge sur
cette coincidence. Moi je souris et retourne à
ma conscience....bref c ça le FILM. La surprise,
c'est de se surprendre.
Julien et moi remontons au bar niveau 1, Dereck disparait
dans le brouillard musical. Nous commandons. Je me
munis d'un stylo et je continues a dessiner...le barman
nous crois bien allumes, serait-ce à cause
de notre mega sourire, à Jule et moi ? Je ne
sais pas. Là, se produit encore ce qui s'est
produit avec le barman du niveau inferieur. Julien
et moi partons dans notre delire. Le dessin prend
forme sur le papier et bientot la folie envahit nos
deux modeles (j'entends le barman et son assistante).
La psychose....Julien et moi de toute evidence maitrisons
tout, alors les deux bartenders s'interrogent serieusement.
Que se passe t-il donc ? "Mais ils sont fous"
pensent ils tout haut. Le dessin du passe revele le
futur maintenant present. Ils nous voyaient ivres
et maintenant notre ivresse leur revele la realite.
Les portraits de leurs visages dessines les hantent.
Alors, si l' ivresse est realite, comment vivons-nous
? Les ivres deviennent-ils des rois ou restent-ils
des fous? Leur cerveau est trouble. Soudain la folie
s'empare de nos deux barmans. Julien les eclabousse
d'eau comme pour eteindre le feu degage par notre
vision, pourtant bien reelle. Arretons de tourner.
Arretons le Film, arretons la pellicule. Julien et
moi figeons notre environement. Il est temps de s'eclipser,
d'arreter d'exposer ce que nous Pre-voyons. On maitrise.
Nous nous eclipsons.
Le barman est furieux et sa compagne inquiete est
apeurée.
Le temps passe, et plus tard nous reviendrons voir
nos deux compagnons et à notre plus grande
surprise, le barman et sa serveuse nous inviterons
à boire. Comme si un morceau de film avait
ete effacé, ils se comportent tous deux sans
penser à l'eclaboussure, vierges de ce qui
s'est passe. Vierges des evenements deroules.
Continuons le Film. Julien ne se sent pas bien. "Ne
me laisse pas seul !" s'exclame t-il avec son
regard d'enfant. Je l'accompagne aux toilettes. Pour
vomir un peu. Nous entrons dans cette piece. Elle
est minuscule et grande à la fois.
Au moment ou nous refermons la porte, les WC se transforment.
Vous pensez que je suis fou, que j'ai bu, que j'ai
pris des drogues....pensez, pensez mes amis...mais
ce que je vois, Julien le voit aussi. C'est tout aussi
visible que mes fautes d'orthographe. Nous sommes
face au miroir, nous regardant comme pour lire sur
nos visages si ce qui se passe nous transforme....mais
d'un coup le miroir s'agrandit et la piece aussi.
Ca, vous me direz, c'est un fait bien connu, mais
que se passe t-il avec la lumiere? Nous nous retournons.
Derriere nous quelquechose s'anime...le couvercle
des WC s'ouvre et illumine nos visages ainsi que la
piece. Le même couvercle des WC qui souvent
me degoute, qui est porteur de bacteries, porteur
de fesses inconnues, impropre peut etre, capteur de
fluides effaces à tour de rôle, bref
le couvercle s'ouvre, un peu comme une huitre qui
s' exhiberait...c'est beau. La lumiere alors m'ebloui
. Jamais je n ai vu un couvercle automatique s'ouvrir
ainsi et attendre comme une prostituée le prochain
client. En meme temps, la musique exterieure est assourdie
par l'epaisseur de la porte et un chant prend le relais.
Le son est beau, merveilleux, c'est le son des oiseaux
du bonheur, les oiseaux que l'on entend dans son lit
à la campagne au moment des vacances. Il appelle
au reveil. Oui, le chant du matin. Il est interessant
ce lieu. Il merite une visite. Avez-vous deja vecu
les toilettes comme un endroit fabuleux ? Ces toilettes
vivent, elles appellent a leur existence, elles existent
fierement. Alors nous lui donnons ce qu'elles demandent.
Je ne peux vomir. Mais Julien, Julien donne genereusement.
Nous quittons cet endroit fou,ces toilettes qui eclairent
et qui chantent...je ne les oublierai pas. Nous rejoignons
l'etage, quittons les oiseaux et allons danser...Derreck
sort du brouillard....
Souvent nos visages prenent une mimique bien particuliere
quand la joie nous envahie. Nous sommes il faut le
dire heureux, heureux de notre complicite, a partager
au Japon que des moments fabuleux. Julien a la langue
qui sort et dessine à contresens des aiguilles
d'une montre, un cercle invisible autour de sa bouche...les
gens le regardent...est il fou ? Derreck lui s'exclame
un moment, sa tete s'etire, la machoire s'ouvre et
il devient presque en gomme, en caoutchouc, flexible
dans la joie....un bonheur etiré ! Un bonheur
extrême. Moi je ne sais pas...juste les zygomatiques
qui s'usent....la joie aussi, si je pouvais me voir..j'aurais
ecris. La musique experimentale prend une tournure
interessante...mais tous les gens sont geles, personne
ne bouge. Nous brisons la glace et ajoutons au statique
le mouvement. Derreck s'exclame dans le silence de
l'opera experimental. ALIGATO ! Nous brisons la glace
solide, et lui brise le silence musical, invisible.
Nous le suivons par notre rire....Nous sommes dans
une trance...Je ne peux pas trouver les mots exacts
pour definir tout ce qui se passe. J'avais prevu de
faire une animation...recreer visuellement ce que
nous avons vecu..car l'ecrit c'est pas mon point fort....et
une image souvent remplace une phrase, un chapitre
et meme une vie ! Mais bon l'erreur de la machine
nous renvoie a l'ecrit.
Continuons le Film.
La suite, c'est la fin. La fin de la musique. Oui,
fini. Nous applaudissons a l'ombre des lumières.
Mais le DJ ...SUITE A VENIR...
- la fin (assis dans l ombre) DJ trop snob ?
part 2
- le tel
- le photomatton
- les peoples...les paroles stupide en fra
- le metro
- shibuya
- la vision
- le mac do
- le mac vision
- aco
part 3
- le maniac
part 4 yoyogi
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