EPISODE 1: le Film: 19 november 2004
Ou commence la realite ou commence l'imagination. Pour nous, trois potes, tout se melange....notre realite et notre imagination ne font qu'un .Nous partons pour une experience alimentée de musiques electroniques, de lumiere et d'obscurite, de flou et de visions. Sous notre regard "Spectateurs et Acteurs" se melangent, s inversent, et l'interaction ne cesse, comme une camera qui donne le ton et en même temps capte l image. Un echange entre le monde exterieur et le monde interieur..

Cela fait donc des jours que je n arrete pas d enchainer les sorties, je vis au rythme de la musique electronique.. Nous plongeons dans la Drum and Bass, la House, l'electro experimental...Un univers musical qui cache des centaines d autres jardins aux sons et rythmes bien differents, à condition bien sur qu'on s y laisse prendre. Moi, je me souviens des debuts. (Attention, Debut du Flashback ) 1992. J'aterrissais en Allemagne. Mon frangin m' emmenait dans un Club et me mettait face au mur. Le mur du son, mais plus un mur qu'un son. A ce moment, je ne comprenais pas ce qu' etait cette Techno. Mais oui, qu'est ce que c'etait ? C'etait pas de la musique. Ca ressemblait plus au bruit amplifié du voisin fou qui tape brutalement sur les murs pour qu'on se taise. Mais il n'arrete pas de taper ce voisin...et si l'on melange a cela quelques autres bruits, et j'insiste sur le mot "bruit", alors on a ce truc.
Non, la premiere fois j'ai trouvé ça vraiment debile. Et il a fallu que mon frangin m'y amene une deuxieme fois pour que je ressente qqchose de profond, tribal même, et paf, cette chose est devenue alors musique et m'a transporté dans un univers de Trance, de dance et de plaisirs. Stimulant et hypnotisant, son et lumiere alors se sont melangés et j'ai penetré dans un nouveau monde, un monde artificiel nous rappellant pourtant a la source. Ca, c'etait il y a 12 ans. Ma grand-mere ensuite nous voyant sortir assez souvent nous disait, "ça vas vous passer de sortir en boite, de danser"...et elle se mettait là, devant nous, à se tremousser et s'amuser de nous et d elle-même. On se marrait mon frere, moi et ma grand-mere. Et là donc, 12 ans plus tard, ça ne me rajeunit guere, me voilà toujours pres à bondir sur le prochain bon plan "techno". Et Tokyo, c'est le paradis des plans. Y a toujours une soiree, à tel point que dormir devient presque impossible !
Ce soir, on fête le depart de Julien (oui Mr. ShortHead, notre mannequin prefere). Dans quelques jours, il quitte Tokyo, et on apprendra bien sur par la suite que c' est pas vraiment cool de rentrer en Europe...C'est sur qu'au Japon, on a les politesses, la securite, le respect, la proprete, la folie...et pleins d'autres choses que j'aimerais vous faire partager dans d'autres articles.(à condition que mon ordi re-fonctionne).
Donc, oui, nous on a LE plan pour ce soir. On se rejoint au UNIT , le nom me convient parfaitement. UNIT, c'est un peu un resume de notre aventure, l'aventure de 3 potes. Portés par une bonne vibe: harmonie et fun sans concession. Cette nouvelle boite donc, nous propose ce soir un concert electro-experimental (en resume l' electro experimental c'est trouver un objet et gerer le bruit de cet objet pour en degager une musique. Exemple: Prenez un coton tige, frottez le contre votre oreille et mettez un micro pour partager le tout avec 150 peoples. Grincement-bruit assourdissant-rythme etc...deviennent musique).
Apres avoir fait un petit detour à Shibuya pour acheter un ptit cadeau de depart a notre Jule, ben on s'est donc retrouvés au UNIT, endroit caché au sous-sol d'un quartier aux immeubles minces mais hauts comme il y en a tant à TOKYO.

Dereck (pour ceux qui n'auraient pas suivi, c'est donc le Mr. Cool) et moi entrons. Wada, un pote universitaire de l' ICU nous rejoint puis arrive enfin Julien. Comme il se doit nous lui remettons son cadeau, Julien l'ouvre et l'apprecie pour notre plus grande joie. Nous partageons ce moment avec plaisir. Ensemble. Il y a à peine 1 mois qu'on se connait mais on est des vrais potes parce que les evenements nous ont menés dans une même galere, la galere vers les lumieres de la mode (je l'avoue c plutot une bonne galere). Un univers où on se prend au serieux "normalement", là, je pense aux bresiliens/argentins, trois beaux gosses, sûrs d'eux, mais steriles comme des balais qu'on ne voudrait pas salir, ne perdant jamais cette même expression figée sur leur visage . Bref, nous, c' etait plus la teuf...l' univers nous faisait rigoler, alors on rigolait... Et maintenant, on est ensemble en train de trinquer, criant notre"KANPAI" (Sante ou Tchin Tchin, mais ici on evite, car ça refere au genital masculin). Le son bizarre dans la piece est celui de cette musique electro experimentale. Le melange de bruit plutot minimaliste, hypnotise les spectateurs, inertes, comme s'ils attendaient un evenement important.

Nous descendons les escaliers vers un niveau plus bas.Un etrange personnage poilu nous apparait, un renne, qui ne cesse de nous regarder avec ses gros yeux noirs et profonds. Nous trinquons ensemble et enchainons les photos stupides mais incontournables. Oui, ce genre de photos, où une personne pose avec un sourire et qui evoque pour le protagoniste un moment special et malheureusement pour les autres, lecteurs, une simple photo sans interet particulier. J'aurais aimé avoir une Camera-video pour retransmettre l'atmosphere qui regnait alors....
J' entre dans une discussion profonde avec le barman, sur l'art et Picasso. Pendant ce temps, mes deux comparses partagent le sofa avec de la compagnie feminine. La chose qui me parait etrange c'est que je capte alors tout mon environnement. J'ai beau discuter avec le barman, je perçois dans mon dos mes deux amis, et le japonais solitaire à ma droite en train de lezarder face aux rayons solaires de son verre d' alcool. Je me tourne et rejoins mes francophones. Bien sur, je les rejoins au moment où ils parlaient de moi. Julien n'en revient pas. Comment ai-je su ? Là, c'est le debut de ce que je vais appeler le "FILM". Le "Film", c'est tout simplement une suite etrange de faits, que l'on prevoit et qui se produisent. La realite devient la realisation du storyboard envisage par notre conscience. Un fait se produit. Il avait ete envisage. L'evidence d'un fait futur devient certaine. Sans autre surprise, que la surprise meme que ce que l'on a vu se produise, le fait devient banal. La magie est celle de notre conscience du futur à devenir present. Je pense "un verre va se briser dans 3 minutes", je dessine un verre qui se brise pendant que je discute avec le barman, et puis soudain, un choc, un eclatement....un verre se brise. Le barman regarde mon dessin plus intensement qu'auparavant. Les verres ne se brisent pourtant pas souvent ici. Le barman s'interroge sur cette coincidence. Moi je souris et retourne à ma conscience....bref c ça le FILM. La surprise, c'est de se surprendre.

Julien et moi remontons au bar niveau 1, Dereck disparait dans le brouillard musical. Nous commandons. Je me munis d'un stylo et je continues a dessiner...le barman nous crois bien allumes, serait-ce à cause de notre mega sourire, à Jule et moi ? Je ne sais pas. Là, se produit encore ce qui s'est produit avec le barman du niveau inferieur. Julien et moi partons dans notre delire. Le dessin prend forme sur le papier et bientot la folie envahit nos deux modeles (j'entends le barman et son assistante). La psychose....Julien et moi de toute evidence maitrisons tout, alors les deux bartenders s'interrogent serieusement. Que se passe t-il donc ? "Mais ils sont fous"
pensent ils tout haut. Le dessin du passe revele le futur maintenant present. Ils nous voyaient ivres et maintenant notre ivresse leur revele la realite. Les portraits de leurs visages dessines les hantent. Alors, si l' ivresse est realite, comment vivons-nous ? Les ivres deviennent-ils des rois ou restent-ils des fous? Leur cerveau est trouble. Soudain la folie s'empare de nos deux barmans. Julien les eclabousse d'eau comme pour eteindre le feu degage par notre vision, pourtant bien reelle. Arretons de tourner. Arretons le Film, arretons la pellicule. Julien et moi figeons notre environement. Il est temps de s'eclipser, d'arreter d'exposer ce que nous Pre-voyons. On maitrise.
Nous nous eclipsons.
Le barman est furieux et sa compagne inquiete est apeurée.
Le temps passe, et plus tard nous reviendrons voir nos deux compagnons et à notre plus grande surprise, le barman et sa serveuse nous inviterons à boire. Comme si un morceau de film avait ete effacé, ils se comportent tous deux sans penser à l'eclaboussure, vierges de ce qui s'est passe. Vierges des evenements deroules.
Continuons le Film. Julien ne se sent pas bien. "Ne me laisse pas seul !" s'exclame t-il avec son regard d'enfant. Je l'accompagne aux toilettes. Pour vomir un peu. Nous entrons dans cette piece. Elle est minuscule et grande à la fois.
Au moment ou nous refermons la porte, les WC se transforment. Vous pensez que je suis fou, que j'ai bu, que j'ai pris des drogues....pensez, pensez mes amis...mais ce que je vois, Julien le voit aussi. C'est tout aussi visible que mes fautes d'orthographe. Nous sommes face au miroir, nous regardant comme pour lire sur nos visages si ce qui se passe nous transforme....mais d'un coup le miroir s'agrandit et la piece aussi. Ca, vous me direz, c'est un fait bien connu, mais que se passe t-il avec la lumiere? Nous nous retournons. Derriere nous quelquechose s'anime...le couvercle des WC s'ouvre et illumine nos visages ainsi que la piece. Le même couvercle des WC qui souvent me degoute, qui est porteur de bacteries, porteur de fesses inconnues, impropre peut etre, capteur de fluides effaces à tour de rôle, bref le couvercle s'ouvre, un peu comme une huitre qui s' exhiberait...c'est beau. La lumiere alors m'ebloui . Jamais je n ai vu un couvercle automatique s'ouvrir ainsi et attendre comme une prostituée le prochain client. En meme temps, la musique exterieure est assourdie par l'epaisseur de la porte et un chant prend le relais. Le son est beau, merveilleux, c'est le son des oiseaux du bonheur, les oiseaux que l'on entend dans son lit à la campagne au moment des vacances. Il appelle au reveil. Oui, le chant du matin. Il est interessant ce lieu. Il merite une visite. Avez-vous deja vecu les toilettes comme un endroit fabuleux ? Ces toilettes vivent, elles appellent a leur existence, elles existent fierement. Alors nous lui donnons ce qu'elles demandent. Je ne peux vomir. Mais Julien, Julien donne genereusement. Nous quittons cet endroit fou,ces toilettes qui eclairent et qui chantent...je ne les oublierai pas. Nous rejoignons l'etage, quittons les oiseaux et allons danser...Derreck sort du brouillard....
Souvent nos visages prenent une mimique bien particuliere quand la joie nous envahie. Nous sommes il faut le dire heureux, heureux de notre complicite, a partager au Japon que des moments fabuleux. Julien a la langue qui sort et dessine à contresens des aiguilles d'une montre, un cercle invisible autour de sa bouche...les gens le regardent...est il fou ? Derreck lui s'exclame un moment, sa tete s'etire, la machoire s'ouvre et il devient presque en gomme, en caoutchouc, flexible dans la joie....un bonheur etiré ! Un bonheur extrême. Moi je ne sais pas...juste les zygomatiques qui s'usent....la joie aussi, si je pouvais me voir..j'aurais ecris. La musique experimentale prend une tournure interessante...mais tous les gens sont geles, personne ne bouge. Nous brisons la glace et ajoutons au statique le mouvement. Derreck s'exclame dans le silence de l'opera experimental. ALIGATO ! Nous brisons la glace solide, et lui brise le silence musical, invisible. Nous le suivons par notre rire....Nous sommes dans une trance...Je ne peux pas trouver les mots exacts pour definir tout ce qui se passe. J'avais prevu de faire une animation...recreer visuellement ce que nous avons vecu..car l'ecrit c'est pas mon point fort....et une image souvent remplace une phrase, un chapitre et meme une vie ! Mais bon l'erreur de la machine nous renvoie a l'ecrit.
Continuons le Film.
La suite, c'est la fin. La fin de la musique. Oui, fini. Nous applaudissons a l'ombre des lumières. Mais le DJ ...SUITE A VENIR...


- la fin (assis dans l ombre) DJ trop snob ?


part 2
- le tel
- le photomatton
- les peoples...les paroles stupide en fra
- le metro
- shibuya
- la vision
- le mac do
- le mac vision
- aco

part 3
- le maniac

part 4 yoyogi
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