J’attends toujours mon courrier, qui n’arrive toujours pas à Puerto Montt. Donc, après être allé au volcan Osorno, et être revenu à Puerto Montt, je décide de partir à l’ Isla Grande de Chiloé. Il y a sur cette île quelques espèces endémiques. Cet endroit très humide s’oppose au nord du pays, qui, situé quelques quatre mille trois cent kilomètres plus loin, est le lieu le plus aride au monde.
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Je pars en bus de Puerto Montt, et deux heures de route et de ferry plus tard, j’arrive à Ancud, au nord de l’île. C’est un petit village de pêcheurs, où toutes les constructions sont en bois. Sur chaque maison de bois, il y a un motif différent, et quand on traverse le village, on a l’impression d’être à une autre époque. Je passe mon temps à me balader, attraper des lézards, dessiner un peu... La nuit, je dors dans ma tente. Une fois, j’ai été réveillé par des chiens, qui devaient être à l’autre bout du village. Ils aboyaient tous ensemble, on aurait dit une meute de trente ou cinquante loups... Incroyable ! Un opéra canin en pleine nuit ! Comment font les gens pour supporter ça toute la nuit ? Je me suis dit que nous, nous sommes habitués au bruit des voitures qui passent dans la rue, eux, ils sont peut être habitués au bruit des chiens...
Bref, le lendemain, je vais à Castro, et je rencontre des Français, Pauline et Clément, qui sont géologues et voyagent en Inde et en Amérique du Sud. On prend ensemble le bus pour Cucao, un parc national au sud-ouest de l’île. On campe près d’un superbe lac. Pour une fois, mon régime pain et salami est remplacé par du riz chaud. Waow ! Depuis Bariloche, je n’ai pas mangé de plat chaud. On essaye en plus de faire un feu pour se protéger de la nuit humide et froide... (Et dire que je n’aime pas le froid !)
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Soudain, au milieu de la nuit, on entend un bruit bizarre qui vient de la fôret. Encore un ! Après les chiens d’Ancud, le cor de chasse de Cucao.... Je prends ma lampe et je vais voir dans la fôret, et là je trouve deux Chiliens qui jouent de cet instrument étrange. Le son ressemble au barrissement d’un éléphant. C’est une nuit originale mais sympa qui s’achèvera à quatre heures du matin... Il ne me restera plus que quatre heures à lutter contre le froid, auquel je survivrai une fois de plus.
Le lendemain, on fait une randonnée de quatre heures dans le parc national. On traverse d’abord un plateau de sable et de pierres, avec des plantes énormes. Puis, il y a une sorte de plage sur laquelle on marche deux heures (on en a parcouru vingt minutes en voiture, après avoir fait de l’auto-stop : il y avait des nuages bas et on ne voyait rien à cinquante mètres...)
Puis, il faut tourner à droite et prendre le chemin qui mène au sommet de la petite montagne, après on redescend sur une autre plage, puis on se perd, on demande à un autochtone le chemin, Clément se fait à moitié dévorer par un chien, ensuite on arrive à une rivière, mais le pont pour traverser est cassé, alors on paye mille pesos pour qu’un gars en bateau nous emmène de l’autre côté, puis on s’arrête pour manger (mon pain et mon salami), et là on voit quelqu’un du pays, qui traverse la rivière à pied, à un endroit précis. Okay, on s’est fait avoir comme des stupides gringos, mais après coup, c’est plutôt marrant.
Finalement, on repart, et on marche dans la jungle, on traverse des galeries dignes d’Indiana Jones, où l’on s’attend à voir surgir une pierre gigantesque qui roulerait vers nous et nous laisserai tout plats après son passage... Et après tout ça, on arrive sur une superbe plage à la Robinson Crusoe, où on installe notre tente.
Sur cette île, on peut trouver plusieurs choses à manger. Tout d’abord, le Chupon.
Quand on est arrivés sur la plage, des enfants ramassaient ces fruits au pied d’une plante assez dangereuse. On en a goûté un, c’était très bon et doux. Un peu comme une figue. On a essayé d’en récolter d’autres, mais impossible. Il y a ensuite les fruits de mer, les Mariscos. Avec Clément, on est parti dans les rochers pour en chercher, mais on a juste trouvé deux mollusques bizarres. J’en ai mangé un, c’était un peu dur mais pas mauvais. Ca rappelle les oursins... On s’est donc rabattu sur la nourriture qu’on avait emmenée. Clément et Pauline ont fait des tortellinis, et moi j’ai fait le dessert : chocolat et du lait dulce de leche (ici, ils appellent ça « manjar »). La nuit est tombée, des Chiliens sont arrivés, avec des chansons et du vin, puis j’ai discuté avec Michel Angelo, un reporter de Santiago, qui au bout de vingt-cinq ans a arrêté d’écrire des articles et est venu s’installer dans la petite ville de Cucao. Il ressemble à un cow-boy et vit du tourisme, baladant les gens dans le secteur à cheval.
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Les Algues.
On a été étonné par toutes les algues qu’il y a sur cette plage. Elles sont très étranges, et ressemblent à des tentacules géantes, plus de deux mètres de long parfois, et quand elles sortent de l’eau, on dirait un serpent. Les gens ici viennent de loin à cheval, et ils les récoltent. Ils les emmènent chez eux, les font sécher. Je vais me renseigner pour savoir ce qu’ils en font après... |