Je prends le bus qui va de Puerto Montt à Ensenada pour mille pesos. De là, je fais du stop, et une voiture me dépose vingt minutes plus tard près du volcan. Je rencontre le garde du secteur, il parle français. Je décide de lui laisser mon sac, et je pars pour une randonnée de trois heures sur les flancs du volcan.
Monter sur ce volcan endormi, haut de deux mille six cent cinquante-deux mètres, c’est un peu comme marcher dans des corn-flakes. Je m’enfonce à chaque pas de cinq à dix centimètres dans les pierres et le sable. Pour redescendre, c’est sympa, car on peut courir et faire des sauts énormes, mais pour monter, les mollets font la tête... Finalement, j’arrive à la limite entre les pierres et la glace. Je m’arrête là parce que je n’ai pas l’équipement pour continuer. On m’a dit qu’en été, des galeries se forment sous la glace et elles aliment en eau potable la rivière de Petrohue.
La vue depuis ce volcan enneigé est superbe. On peut voir au loin d’autres montagnes, d’autres volcans, comme le Calbuco (2003 mètres), un des plus grand lac du Chili, le lago Llanquihue, et puis aussi Puerto Montt et même l’océan Pacifique. Je commence à redescendre. La pente est très raide et quelques pierres parfois se détachent et disparaissent derrière la déclivité. C’est dangereux, mais, en faisant des bonds de deux mètres pour retomber dans les pierres de corn-flakes, on l’oublie vite...
Le soleil se couche. Je récupère mon sac, et je rencontre des gens qui me ramènent au pied du volcan : je suis installé dans leur voiture entre deux sièges pour enfant. Arrivé à Ensenada, je vais au camping. Je trouve une place sympa, à cinq mètres de la plage, pour deux mille cinq cent pesos la nuit. Quelques minutes plus tard, des Chiliens m’invitent à prendre un verre, puis, après avoir admiré la lune et les étoiles qui se reflètent dans le lac Llanquihue, j’accepte une invitation, à dîner, cette fois-ci.
L’endroit est tellement tranquille, que je décide de rester un peu plus. Les nuages du matin laissent place au soleil. En quelques pas, je suis sur la plage, où je finis de lire « Le tour du monde en quatre-vingt jours ». Un repas léger, du pain avec du salami, puis je vais me baigner. Une dure journée qui s’achève par un superbe coucher de soleil, et toujours la lune et les étoiles qui s’admirent au dessus du lac. Un petit dîner : du pain avec du salami... |