Il est je ne sais quelle heure et je me réveille
avec un bruit de pluie battante. La fenêtre est
ouverte et l'humidité a déjà envahie
toute la pièce. Je pense à tous les gens
qui se lèvent le matin et qui, comme moi auparavant,
ont un programme prédéfini pour la journée...
Moi, je ne sais pas encore ce que je vais faire, tout
s'oriente autour de la météo.
Quelques minutes plus tard, je suis sous la douche avec
la poire brésilienne, assez bizarre quand on
ne la connaît pas. Imaginez un peu un morceau
de plastique avec un interrupteur et deux fils électriques
assez maladroitement posés, qui se baladent au
dessus de votre tête, sous la douche. De ce morceau
de plastique sort l'eau, et l’idée d'assembler
fils électriques et eau me fait penser pour je
ne sais quelle raison à Claude François....Grrrr....
Après la douche, c'est parti pour un petit dej'
typique et comme je les aime à Rio. "Aveia
con Banana" et "Pao de Queijo". Ca sonne
plutôt bien, non? En fait, c'est de l'avoine avec
de la banane, le tout servi bien frais, et une spécialité
brésilienne: les petits pains au fromage.
Niteroi.
A quelques kilomètres de Rio en passant le lagon
(qui est plutôt sale) se trouve Niteroi, une ville
reliée à Rio par un pont de quatorze kilomètres
de long. Mais j’évite de prendre le bus
direct pour Niteroi, car ce pont a triplé en
densité de circulation depuis sa construction...alors
il faut être armé de patience pour la traversée.
Je prends donc le bateau au centre-ville pour quelques
reals et cinq minutes plus tard, je suis de l'autre
côté...Vingt minutes à pied et on
découvre un ovni quelque peu étrange,
tout droit sorti d’un James Bond, le MAC: le Museo
d'Arte Contemporanea, construit par le talentueux Oscar
Niemeyer. Du haut de ce musée, vous avez un panorama
à 360 degrés sur la baie de Rio. On peut
ne pas aimer ce que Niemeyer a fait, la vue est tout
de même superbe ! Ça donne envie de construire
une maison du même genre...reste juste à
trouver une vue appropriée. Je n’en dis
pas plus, regardez les photos...
Rio Lapa.
Il fait nuit, j'ai faim et je ne suis pas le seul dans
ce cas dans mon dortoir de six personnes, donc c'est
parti pour un "resto per Kilo" (on paye selon
le poids de son assiette, et on a un choix de "toute
beauté", comme dirait un pote.)
Après, on va avec la troupe de l'auberge de jeunesse
à Lapa, un vieux quartier de Rio, où il
n’y a que des Cariocas (c'est ainsi que l'on nomme
les habitants ici). Plein de gens boivent et bavardent
dans la rue, ça et là des vendeurs de
bière et cachaça se baladent avec leurs
chariots, la musique tantôt brésilienne,
tantôt électronique réveille le
rythme ancré dans chaque brésilien, qui
se met alors à danser naturellement mais inimitablement.
Les plus baraqués des Cariocas exposent leurs
torses nus avec fierté, et sifflent les filles,
qui se retournent avec un sourire, jamais méchamment.
On est bien à Rio, et le corps ne se cache pas,
au contraire. J'ai même croisé des ex-hommes,
transformés par un bistouri de première
classe. L’aqueduc au-dessus de nos têtes
rend cette soirée vraiment typique, loin des
touristes. Un seul regret, l'appareil photo est resté
à l'auberge... (Sniff sniff)
Il est 6 heures du matin, et après avoir expliqué
au taxi comment rentrer à Copacabana (on aura
tout vu !!), je vais me coucher. Après trois
heures, j’ai retrouvé toute mon énergie.
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