Niteroi 15.janvier.2004

A peine un jour que je suis là, et j'ai déjà l'air d'un homard. Pourtant, aujourd'hui, on ne peut pas dire qu'il fasse super beau. C'est l'occasion pour visiter un musée: et pour changer un peu, je vais jouer les James Bond...

Il est je ne sais quelle heure et je me réveille avec un bruit de pluie battante. La fenêtre est ouverte et l'humidité a déjà envahie toute la pièce. Je pense à tous les gens qui se lèvent le matin et qui, comme moi auparavant, ont un programme prédéfini pour la journée... Moi, je ne sais pas encore ce que je vais faire, tout s'oriente autour de la météo.
Quelques minutes plus tard, je suis sous la douche avec la poire brésilienne, assez bizarre quand on ne la connaît pas. Imaginez un peu un morceau de plastique avec un interrupteur et deux fils électriques assez maladroitement posés, qui se baladent au dessus de votre tête, sous la douche. De ce morceau de plastique sort l'eau, et l’idée d'assembler fils électriques et eau me fait penser pour je ne sais quelle raison à Claude François....Grrrr....
Après la douche, c'est parti pour un petit dej' typique et comme je les aime à Rio. "Aveia con Banana" et "Pao de Queijo". Ca sonne plutôt bien, non? En fait, c'est de l'avoine avec de la banane, le tout servi bien frais, et une spécialité brésilienne: les petits pains au fromage.

Niteroi.
A quelques kilomètres de Rio en passant le lagon (qui est plutôt sale) se trouve Niteroi, une ville reliée à Rio par un pont de quatorze kilomètres de long. Mais j’évite de prendre le bus direct pour Niteroi, car ce pont a triplé en densité de circulation depuis sa construction...alors il faut être armé de patience pour la traversée. Je prends donc le bateau au centre-ville pour quelques reals et cinq minutes plus tard, je suis de l'autre côté...Vingt minutes à pied et on découvre un ovni quelque peu étrange, tout droit sorti d’un James Bond, le MAC: le Museo d'Arte Contemporanea, construit par le talentueux Oscar Niemeyer. Du haut de ce musée, vous avez un panorama à 360 degrés sur la baie de Rio. On peut ne pas aimer ce que Niemeyer a fait, la vue est tout de même superbe ! Ça donne envie de construire une maison du même genre...reste juste à trouver une vue appropriée. Je n’en dis pas plus, regardez les photos...
Rio Lapa.
Il fait nuit, j'ai faim et je ne suis pas le seul dans ce cas dans mon dortoir de six personnes, donc c'est parti pour un "resto per Kilo" (on paye selon le poids de son assiette, et on a un choix de "toute beauté", comme dirait un pote.)
Après, on va avec la troupe de l'auberge de jeunesse à Lapa, un vieux quartier de Rio, où il n’y a que des Cariocas (c'est ainsi que l'on nomme les habitants ici). Plein de gens boivent et bavardent dans la rue, ça et là des vendeurs de bière et cachaça se baladent avec leurs chariots, la musique tantôt brésilienne, tantôt électronique réveille le rythme ancré dans chaque brésilien, qui se met alors à danser naturellement mais inimitablement. Les plus baraqués des Cariocas exposent leurs torses nus avec fierté, et sifflent les filles, qui se retournent avec un sourire, jamais méchamment. On est bien à Rio, et le corps ne se cache pas, au contraire. J'ai même croisé des ex-hommes, transformés par un bistouri de première classe. L’aqueduc au-dessus de nos têtes rend cette soirée vraiment typique, loin des touristes. Un seul regret, l'appareil photo est resté à l'auberge... (Sniff sniff)
Il est 6 heures du matin, et après avoir expliqué au taxi comment rentrer à Copacabana (on aura tout vu !!), je vais me coucher. Après trois heures, j’ai retrouvé toute mon énergie.


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