El Chalten, une petite ville perdue en Patagonie.
Je ne connaissais pas son nom, mais désormais
je ne suis pas près de l'oublier, cette petite
ville avec ses quelques habitants. El Chalten, c'est
le lieu de prédilection des randonneurs et alpinistes.
Le plus célèbre des massifs andins s'élève
à 3441 mètres d'altitude. Par beau temps,
on le voit à plus de trois cent kilomètres.
Il a fait la semaine dernière une victime de
plus. Un alpiniste écrasé par des tonnes
de glace. Aucune chance de survie. D'ailleurs, ce qui
surprend le plus ici, c'est la première impression
que l'on a des paysages magnifiques, et la seconde quand
on voit la proportion d'un homme par rapport à
cette masse qui nous regarde de haut. Glacier ou montagne,
vous êtes une poussière à côté
de tout cela.
Cela me fait penser à cette histoire de Gaucho:
un touriste qui a passé son week-end dans les
montagnes, repart dans son pays. Dans l’avion
à EL CALAFATE, il s’assied à côté
d'un Gaucho. Il commence la conversation tout en regardant
par la fenêtre. Et fixant le sol, là en
bas, il dit: "c'est marrant, à El Calafate,
tous les gens en bas semblent être des fourmis"
Le gaucho stupéfait par cette remarque regarde
par la fenêtre. "Il s'agit bien de fourmis,
Senor, puisque l'on a pas encore décollé"
C'est pas marrant ? Non ? Ben tant pis, j’aurais
au moins placé une blague de gaucho dans mon
site. Hehe.
Bref, El Chalten. A deux cent cinquante kilomètres
de El Calafate. Je prends le bus avec mes amis Argentins.
Hier, on a eu droit à une réduction pour
l’aller. Trop cool. Trente pesos au lieu de quarante.
Le lendemain, je comprends pourquoi. Le bus qui vient
nous chercher s'est transformé en petite camionnette.
Du coup, quand on roule sur la route de pierres et de
poussière au milieu du désert, et bien
les suspensions, ce n’est pas tout à fait
comme un grand bus. On part à six heures du mat’.
C'est roots et la situation me fait sourire...Dix pesos
en moins mais quelques hématomes en plus et la
poussière qui jaillit des ouvertures du véhicule,
et pénètre dans tous vos orifices. Enfin,
presque tous. Le bonheur, c'est que juste à côté,
la nouvelle route est en construction. Donc, si vous
y allez dans deux ans, payer dix pesos de moins sera
une affaire. Bref, c’est cool. On roule vers le
grand géant. A côté de moi, tout
le monde dort. Le monde, c'est cinq personnes. Ils s'entremêlent:
la tête de l'un rebondit sur les genoux de l'autre,
etc.... Mais peu importe, les corps sont calés
sur une omoplate, une clavicule ou autre. Moi, j'ai
ma caméra pour me caler. Mais c'est pas pareil.
Donc, je ne dors pas. J'ai essayé, mais une douleur
comparable à l'aiguille de Matrix qui s'enfonce
dans le cou m'a vite interrompu. Bref...je profite de
la route. Là, à contre-jour, dans le soleil
levant rouge, des guanacos sauvages (espèce de
lama). Le jour s’est levé...mes amis se
sont réveillés... le géant approche.
Sorti des Andes, il nous méprise, de toute sa
taille. C’est surprenant. Une vraie claque de
la part de Dame Nature.... Vous en voulez encore ?
On arrive à El Chalten. Un village. Une route
pleine de poussière: c’est l’avenue
principale. Les espaces entre les maisons sont énormes.
Pour combien de temps encore ? Nous nous dirigeons vers
l’une de ces baraques en bois, avec comme d’habitude
au sud de l’Argentine, un chien de garde. Les
poules s’écartent sur notre passage, nous
frappons à la porte. Un habitant nous laisse
entrer et nous fait un peu de place pour laisser nos
bagages inutiles : nous allons passer quelques
temps à camper dans l’immense parc et le
poids est un des ennemis du trecker.
Thommy, Laura et moi montons ce chemin vers l’inconnu...Le
village disparaît et nous sommes au beau milieu
de paysages magnifiques. Nous traversons la fôret
des arbres morts. Je l’appelle ainsi à
cause de ces troncs qui ne pourrissent pas. Le peu d’humidité
momifie ces derniers. Nous progressons doucement, le
bruit des arbres disparaît dans le vent. Un arbre
qui grince, c’est un arbre qui peut tomber à
tout moment. Ca me fait penser aux statistiques brésiliennes,
dans lesquelles on relève le nombre de personnes
mourant à cause d’une malheureuse noix
de coco qui leur tombe sur la tête. Bon, ne vous
inquiétez pas, c’est bien le seul mal qui
puisse vous arriver là-bas. Ah oui, on peut croiser
des pumas aussi. Mais eux, je ne les ai pas vu.
A noter :
la montée
les chemins à travers les bois morts
les chutes d’arbres
le parc + histoire de Fitz Roy + formation rocheuse
+ glacier
lago del torre
appareil en panne
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