El Chalten - Fitz Roy, le 9 février 2004.

El Chalten, une petite ville perdue en Patagonie. Je ne connaissais pas son nom, mais désormais je ne suis pas près de l'oublier...

El Chalten, une petite ville perdue en Patagonie. Je ne connaissais pas son nom, mais désormais je ne suis pas près de l'oublier, cette petite ville avec ses quelques habitants. El Chalten, c'est le lieu de prédilection des randonneurs et alpinistes. Le plus célèbre des massifs andins s'élève à 3441 mètres d'altitude. Par beau temps, on le voit à plus de trois cent kilomètres. Il a fait la semaine dernière une victime de plus. Un alpiniste écrasé par des tonnes de glace. Aucune chance de survie. D'ailleurs, ce qui surprend le plus ici, c'est la première impression que l'on a des paysages magnifiques, et la seconde quand on voit la proportion d'un homme par rapport à cette masse qui nous regarde de haut. Glacier ou montagne, vous êtes une poussière à côté de tout cela.
Cela me fait penser à cette histoire de Gaucho: un touriste qui a passé son week-end dans les montagnes, repart dans son pays. Dans l’avion à EL CALAFATE, il s’assied à côté d'un Gaucho. Il commence la conversation tout en regardant par la fenêtre. Et fixant le sol, là en bas, il dit: "c'est marrant, à El Calafate, tous les gens en bas semblent être des fourmis" Le gaucho stupéfait par cette remarque regarde par la fenêtre. "Il s'agit bien de fourmis, Senor, puisque l'on a pas encore décollé" C'est pas marrant ? Non ? Ben tant pis, j’aurais au moins placé une blague de gaucho dans mon site. Hehe.
Bref, El Chalten. A deux cent cinquante kilomètres de El Calafate. Je prends le bus avec mes amis Argentins. Hier, on a eu droit à une réduction pour l’aller. Trop cool. Trente pesos au lieu de quarante. Le lendemain, je comprends pourquoi. Le bus qui vient nous chercher s'est transformé en petite camionnette. Du coup, quand on roule sur la route de pierres et de poussière au milieu du désert, et bien les suspensions, ce n’est pas tout à fait comme un grand bus. On part à six heures du mat’. C'est roots et la situation me fait sourire...Dix pesos en moins mais quelques hématomes en plus et la poussière qui jaillit des ouvertures du véhicule, et pénètre dans tous vos orifices. Enfin, presque tous. Le bonheur, c'est que juste à côté, la nouvelle route est en construction. Donc, si vous y allez dans deux ans, payer dix pesos de moins sera une affaire. Bref, c’est cool. On roule vers le grand géant. A côté de moi, tout le monde dort. Le monde, c'est cinq personnes. Ils s'entremêlent: la tête de l'un rebondit sur les genoux de l'autre, etc.... Mais peu importe, les corps sont calés sur une omoplate, une clavicule ou autre. Moi, j'ai ma caméra pour me caler. Mais c'est pas pareil. Donc, je ne dors pas. J'ai essayé, mais une douleur comparable à l'aiguille de Matrix qui s'enfonce dans le cou m'a vite interrompu. Bref...je profite de la route. Là, à contre-jour, dans le soleil levant rouge, des guanacos sauvages (espèce de lama). Le jour s’est levé...mes amis se sont réveillés... le géant approche. Sorti des Andes, il nous méprise, de toute sa taille. C’est surprenant. Une vraie claque de la part de Dame Nature.... Vous en voulez encore ?

On arrive à El Chalten. Un village. Une route pleine de poussière: c’est l’avenue principale. Les espaces entre les maisons sont énormes. Pour combien de temps encore ? Nous nous dirigeons vers l’une de ces baraques en bois, avec comme d’habitude au sud de l’Argentine, un chien de garde. Les poules s’écartent sur notre passage, nous frappons à la porte. Un habitant nous laisse entrer et nous fait un peu de place pour laisser nos bagages inutiles : nous allons passer quelques temps à camper dans l’immense parc et le poids est un des ennemis du trecker.
Thommy, Laura et moi montons ce chemin vers l’inconnu...Le village disparaît et nous sommes au beau milieu de paysages magnifiques. Nous traversons la fôret des arbres morts. Je l’appelle ainsi à cause de ces troncs qui ne pourrissent pas. Le peu d’humidité momifie ces derniers. Nous progressons doucement, le bruit des arbres disparaît dans le vent. Un arbre qui grince, c’est un arbre qui peut tomber à tout moment. Ca me fait penser aux statistiques brésiliennes, dans lesquelles on relève le nombre de personnes mourant à cause d’une malheureuse noix de coco qui leur tombe sur la tête. Bon, ne vous inquiétez pas, c’est bien le seul mal qui puisse vous arriver là-bas. Ah oui, on peut croiser des pumas aussi. Mais eux, je ne les ai pas vu.

A noter :
la montée
les chemins à travers les bois morts
les chutes d’arbres
le parc + histoire de Fitz Roy + formation rocheuse + glacier
lago del torre
appareil en panne
nourris par Tommy Tomatoe
marche vers Poincenot
le campement Poincenot colonie de tentes
les rencontres Caminho de los tres lagos
le soir miam + 8 irmanos
Georg
les amis
piedra blanca
lago Capri
la baignade
el Chalten en rapide
le retour vers la ville le retour avec Georg

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