Buenos Aires La Boca - 02.february.2004

La Boca ..!

Bon, c’est fantastique, j’ai enfin réussi à bouger le jour et voir quelque chose de Buenos Aires. Depuis que je suis ici, ben je ne vis que la nuit. Je ne sais pas pourquoi... C’est comme ça. Bref, donc aujourd’hui, je me suis levé et j’ai pris la grand décision: je vais jouer au vrai touriste. C’est parti, pantacourt, sac à dos et appareil photo. Je saute dans un bus pour 0.80 Centavos Argentin, ce qui équivaut à peu près à deux Francs...

La Boca, c’est un peu le Montmartre de Buenos Aires, sauf que les maisons sont peintes de couleurs vives et que les artistes sont aussi bien des peintres que des danseurs de Tango. Ici, j’ai l’impression que l’on a un peu tout exagéré pour attirer les touristes, cela est sûrement dû à la masse de people qui passent chaque jour. Ainsi, on vous aborde pour vous proposer un restaurant, un tableau kitch ou bien juste pour payer le Tango que vous appréciez dans la rue. Mais bon, tout cela est logique et Paris a la même tactique avec nos touristes...ça me fait marrer d’ailleurs.
Alors, laissons nous aller et voyons voir tout ça...
D’accord, je fais à peine deux pas et on m’aborde déjà en anglais pour me proposer de m’asseoir, prendre un verre et manger quelque chose. Non merci, c’est gentil. Quoi un flyer? Non, pas besoin, gracias! Ben dis donc, ils ne perdent pas de temps. J’entre dans ce petit village aux couleurs rouge, vert, jaune et bleu. C’est vraiment sympa, et ça change du centre-ville type européen.
A quelque pas de là, le quartier change complètement, puisque c’est un des endroits pauvres de la ville, et les enfants envahissent la rue, demandant une pièce de monnaie. Moi, par principe, je refuse. Oui, si on commence comme ça, et bien tous les enfants risquent de se mettre un jour à aller directement dans la rue pour mendier. Cherchons une autre solution. Je m’assois et je commence à dessiner. Là, le contact se fait autrement. Voilà ces deux jeunes filles, assez marrantes, qui me bombardent de questions. Oulàlàlà, doucement, pas si vite....Grrrr... Ups ?1@%3#...Okay, on recommence, avec mon espagnol qui ne veut pas se défaire des mots brésiliens...hé hé. C’est fun, on s’engage dans une conversation. Là, je décrypte un « CaCHe » qui veut dire en fait « Calle » (rue). Eh oui, les Buenosairiens, prononce le « LL » en « CH ». C’est un peu différent de l’espagnol traditionnel, mais va falloir s’y faire. On se marre, les petites et moi, et elles deviennent alors mes professeurs d’espagnol. Elles sont émerveillées par les dessins que j’ai fait....Moi, je ne suis pas satisfait...mais c’est une autre histoire.

Je les quitte pour aller manger quelque chose. Sur la route, un tango...et quelques billets qui quittent mes poches pour atterrir dans un chapeau...Ca fait partie du jeu. Là, encore des enfants qui s’amusent avec tout et n’importe quoi. Une vie simple d’un côté, et dure de l’autre. En effet, à Buenos Aires, il y a énormément de jeunes entre dix et quinze ans qui partent avec leurs parents pour trier les poubelles. Ils amassent leur propre stock de poubelles, papier, plastique et autres, que des amis en camion récupéreront. Pas d’école pour eux...Et dire qu’en France, on est prêt à sécher les cours pour un rien... L’école, c’est la belle vie. Mais retournons à La Boca. Je vais donc manger et il y a encore un enfant qui essaye à tout prix de vendre dans chaque restaurant quelques objets inutiles. Sans succès. Les touristes assis autour de moi l’ignorent ou critiquent ce marché...Je commande à boire pour deux, et le petit est ravi d’avoir un coca. Il aura aussi droit à un sandwich de la part d’un inconnu. Tout seul assis à sa table, il est heureux. Et, ironie du sort, il nourrit avec un grand plaisir quelques pigeons qui eux aussi mendient leur vie. En partant, il me remercie avec un grand sourire et un signe de la main...Qu’ai-je fait pour ce petit ? Rien qui ne bouleversera sa vie....Espoir ? Combien d’enfants subissent un sort moins enviable....ça me laisse pensif.

La Boca, c’est aussi un petit port, le vieux port, où flottent des bateaux pourris, vidant leur fuel dans les parages. En effet, pendant que je dessinais...et oui, encore...et bien des bulles gargouillaient dans cette eau tranquille, des plaques de fuel flottaient parmi les bouteilles en plastique portant comme simple message une marque américaine plus ou moins lisible.Vu la matière de certaines de ces bouteilles, j’ai du mal à croire que des poissons puissent survivre ici. Mais bon, ce petit Boca, loin des sentiers battus me plait bien.

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